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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 15:19

Shabbat shalom mes frères et soeurs en yéshoua hamashiah.

Je vous mets en ligne ici un article du Rabbin Claude-Haïm Bitoun.

Il est un peu long, mais je vais essayer de diviser en trois partis.

Soyez bénis par ces lignes.

                                        

 La  Greffe  des  Païens

 

 

 

 

INTRODUCTION

 

         Le thème que je vais aborder avec vous aujourd’hui n’est pas souvent abordé, et pourtant, Paul l’apôtre lui consacre 2 chapitres entiers dans ses épîtres, celle qu’il écrivit aux Romains et celle destinée aux Ephésiens : nous verrons plus loin les textes, il s’agit de la greffe des Gentils sur l’olivier franc, l’olivier cultivé par D.ieu.

 

         Un lien existe entre Israël, les Juifs, les païens devenus Croyants des nations et l’Eglise ou plus exactement l’Epouse.

 

Ce lien, selon les Saintes Ecritures devrait être indestructible, établissant des relations d’amour réciproques, pourtant, c’est hélas bien souvent le contraire que l’Histoire a montré.

 

         Le problème c’est qu’en théorie l’Ecriture devrait rassembler Juifs et Croyants des nations, mais à cause d’une lecture différente des textes sacrés due aux traductions, le débat s’est instauré et l’opposition s’est installée avec comme aboutissement une totale séparation.

 

         Il me semble que l’origine du conflit soit l’élection et la vocation d’Israël, qui, selon les enseignements des Pères de l’Eglise auraient été transférées à l’Eglise, à cause, disent-ils, de la désobéissance d’Israël.

 

         Ce conflit se retrouve souvent dans l’Ecriture et oppose même des frères, on le voit avec Caïn et Abel, Jacob et Esaü, Joseph et ses frères par exemple.

 

         Nous allons essayer de « dégrossir » un peu le sujet.

 

 

DEVELOPPEMENT

 

1/      Les  Gentils  et la  Torah

 

Comment les Gentils, qui sont entrés individuellement par grâce dans la Nouvelle Alliance, doivent-ils considérer la Torah ?

Une première précision s’impose, et elle est de taille : D.ieu n’a jamais conclu d’alliance avec les Nations, et pas davantage la Nouvelle dans le sang du Messie : celle-ci a été conclue entre D.ieu et  la Maison d’Israël et la Maison de Juda, selon les propos de Jérémie.

 

         Cela signifie qu’ils doivent obéir et respecter la Torah écrite par le doigt de D.ieu, les 10 Paroles / Commandements, sans rien modifier, ni rajouter, ni enlever.

 

         De même, puisqu’il y a des Convocations Saintes de D.ieu, des Fêtes, ils se doivent de les respecter aux dates prévues par D.ieu et non pas à celles choisies par les hommes, puisqu’ils adorent, comme les Juifs, le D.ieu d’Israël, D.ieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.

 

         Les 10 Paroles inscrites par le doigt de D.ieu sur les Tables, sont valables pour tous, Juifs ou non Juifs, et je pense en particulier à celle concernant le Jour Saint du Shabbat, dont toute la solennité et la sainteté ont été transférées à un autre jour, décidé politiquement par les hommes de leur propre autorité.

 

         Si la Torah demeure donc pour les Juifs Messianiques, les spécificités demandées aux non Juifs nécessitent de leur part changement de leur nature païenne, une véritable métamorphose, car ils sont greffés, eux, branches coupées  de l’olivier sauvage, au milieu des branches naturelles de l’olivier franc Israël, et cette greffe doit  fonctionner  « contrairement à leur nature ».

 

Quand nous lisons le passage concernant la greffe dans l’épître de Paul aux Romains, nous comprenons que chaque croyant des nations doit apprendre ou réapprendre 2 choses :

 

-        reconsidérer le plan de D.ieu en faveur d’Israël et donc des Juifs,

 

-        reconsidérer comment ils ont eux été sauvés et comment ils doivent vivre leur greffe.  

 

         La bénédiction des Gens des nations dépend de leur attitude vis à vis des Juifs, c'est-à-dire selon la réussite ou l’échec de leur greffe sur cet arbre.

        

 

         **     Pour considérer ou reconsidérer le plan de D.ieu en faveur des Juifs, il faut que chaque croyant des Nations soit convaincu qu’il a un rôle à jouer et que D.ieu lui demande de jouer ce rôle.

 

Ce rôle ou plus exactement cet intérêt que les Croyants des nations doivent manifester envers les Juifs, et tous les Juifs, doit être guidé par l’amour pour ce peuple, amour que D.ieu a mis en eux par Son Esprit.

 

C’est pourquoi ils ne doivent plus  vivre  séparés  d’eux, indifférents, opposés,  mais  au contraire intimement liés à eux, et c’est ce que Paul appelle justement la Greffe.( Liés à eux par la torah)

 

La Croyance des nations n’existe que par Israël qui en est sa source originelle et le croyant sincère doit vivre au service d’Israël en s’engageant réellement à ses côtés, et cet engagement est le fruit de son amour pour les pères d’Israël, Abraham, Isaac et Jacob, amour émanant du D.ieu d’Israël, semblable à celui que D.ieu Lui-même porte à Son peuple.

  

2/      La  Greffe

 

Y      Pour  les  non-Juifs

 

Paul compare deux oliviers, l’un naturel, représentant le peuple d’Israël choisi par D.ieu pour être Son ambassadeur sur terre, l’autre sauvage, représentant les païens.

 

Les branches  sauvages de  l’olivier  sauvage doivent être coupées et définitivement séparées de cet arbre sauvage pour être ensuite greffées sur l’olivier franc, non pas à leur place, comme cela est inscrit dans de nombreuses traductions, mais avec elles c’est à dire au milieu d’elles, parmi elles, avec les branches naturelles déjà greffées, et cette greffe des païens doit se faire contrairement à leur nature.

        

Les branches sauvages vont « changer d’arbre » ce qui n’est pas le cas des branches naturelles greffées sur leur propre arbre !

        

Jadis en Israël, et Paul se représente cette image, un olivier sauvage ne pouvait se trouver qu’en dehors des villes, il ressemblait plus à un buisson épineux, chétif et dégénérescent qu’à un arbre et son fruit, l’olive, produisait une huile impropre à la consommation.

 

Gens des nations, sachez vous servir de la clef que D.ieu vous a donnée lors de cette citoyenneté glorieuse qu’Il vous a accordée par la Nouvelle Alliance et cette clef, c’est la greffe sur l’arbre Israël. 

 

Déjà à l’époque de la Première Alliance, des hommes et des femmes avaient accepté le D.ieu d’Israël, le D.ieu des Juifs comme l’Unique D.ieu, Maître de l’Univers, comme l'E.ternel, le Créateur et s’étaient attachés au peuple d’Israël.

 

Ecoutons leurs merveilleuses paroles remplis d’Esprit qu’ils adressent et qu’ils nous adressent aujourd’hui :

        

Jéthro, beau-père de Moise,  (Exode : 18 : 10-12)

 

« Béni soit l'E.ternel qui vous a délivrés de la main des Egyptiens et de la main de Pharaon, Qui a délivré le peuple de la main des Egyptiens !

Je reconnais maintenant que l'E.ternel est plus grand que tous les dieux…/… Jéthro, beau père de Moïse offrit à D.ieu un holocauste et des sacrifices. Aaron et tous les anciens d’Israël vinrent participer au repas avec le beau-père de Moïse, en présence de D.ieu. »

 

Rahab la prostituée, (Josué 2 : 11-12)

 

« C’est l'E.ternel votre D.ieu qui est D.ieu en haut dans les cieux et en bas sur la terre. »

 

Itaï   soldat philistin de David (2 Samuel 15 : 19…)

 

« Itaï répondit au roi : l'E.ternel est vivant et mon Seigneur le roi est vivant ! Au lieu où sera mon Seigneur le roi, soit pour mourir, soit pour vivre, là aussi sera ton serviteur. »

 

Darius  le roi de Perse (Daniel 6 : 25)

 

« J’ordonne que dans toute l’étendue de mon royaume on ait de la crainte et de la frayeur pour le D.ieu de Daniel. Car Il est le D.ieu vivant et Il subsiste éternellement ; Son royaume ne sera jamais détruit et Sa domination durera jusqu’à la fin. C’est Lui Qui délivre et Qui sauve, Qui opère des signes et des prodiges dans les cieux et sur la terre. C’est Lui Qui a délivré Daniel de la puissance des lions. »

 

Naaman le Syrien (2 Rois 5 : 15…)       

        

« Voici, je reconnais qu’il n’y a point de D.ieu sur toute la terre si ce n’est en Israël…/… Ton  serviteur ne veut plus offrir à d’autres dieux ni holocauste ni sacrifice, il n’en offrira qu’à l'E.ternel. »

 

Ruth la Moabite   (Ruth 1 : 16-18)

 

L’histoire de Ruth est essentielle pour comprendre la manière dont les Gentils doivent être « greffés » sur Israël.

 

Nous allons nous attarder sur elle, écoutons d’abord les paroles qu’elles adresse à Naomi sa belle-mère juive :

 

« Ruth répondit : Ne me presse pas de te laisser, de retourner loin de toi ! Où tu iras j’irai, où tu demeureras je demeurerai ; ton peuple est mon peuple, et ton Dieu est mon Dieu (et non pas sera comme dans certaines traductions) ; où tu mourras je mourrai, et j’y serai enterrée. Que l’E.ternel me traite dans toute sa rigueur, si autre chose que la mort vient à me séparer de toi ! »

 

Dans l’histoire de cette femme de Moab, D.ieu S’est servi de la défaillance d’un Juif, Elimelek, faisons un petit rappel.

 

Elimelek était un homme influent et riche, on le sait car l’Ecriture emploie ici le mot ich caractérisant un VIP.

 

Il lui fut demandé de rétablir un peu d’ordre pour faire face aux ravages de la famine qui sévissait et sa fortune aurait due être mise à la disposition de son peuple et des affamés en particulier.       --  LIRE  --        Ruth 1 : 1 – 2

 

Mais il se sentit une responsabilité dont le poids lui fit peur, il ne s’estima pas à la hauteur de sa tâche : il renonça à servir son peuple, il déserta.

 

Ne lui jetons cependant pas la pierre, combien d’entre nous avons tantôt d’une manière, tantôt d’une autre, déserté le plan divin ou la mission divine dès que la « barre » semblait trop haute ?

 

D’un point de vue prophétique, le départ d’Elimelek de sa terre d’Israël correspond à la chute et à l’exil du peuple Juif, la galout et sa diasporah, la dispersion au milieu des nations.

 

Ce départ, cet exil préfigure aussi toutes les souffrances et les tribulations des Juifs de la diasporah depuis 2000 ans : au milieu des nations, les Juifs étaient considérés comme des étrangers, des intrus et n’avaient quasiment aucun  droit : c’est un peu ce qu’a connu Elimelek au pays de Moab et sa mort et celle de ses 2 fils, Malhon et Kilyon symbolisent toutes les souffrances du peuple d’Israël en exil au sein des nations.

 

Fruit du hasard divin, c’est de Bethlehem que partira Elimelek et c’est dans cette même ville que naîtra le futur Sauveur !

Et c’est là que l'E.ternel va « entrer en jeu » et susciter une jeune fille dont le peuple était en abomination à Ses yeux : ce que fait Ruth, c’est un véritable serment de conversion au D.ieu d’Israël affirmant ainsi sa nouvelle appartenance, on pourrait dire sa propre greffe « contrairement à sa nature » au peuple Juif.

 

Les mots hébreux utilisés dans cet échange de paroles entre Ruth et Naomi montrent la force morale, la motivation et la détermination de Ruth. 

 

Sans la défaillance d’Elimelek le Juif, Ruth n’aurait jamais rencontré le moindre Juif, ni épousé le moindre Juif, et encore moins être à l’origine de la Royauté de la Maison de David, et donc de la lignée messianique et donc du Messie d’Israël Yeshoua !

 

Sans le châtiment divin contre le peuple Juif et sans l’exil au milieu des nations, les nations n’auraient jamais vu de Juifs et les nations n’auraient jamais reçu de bénédiction par la connaissance du D.ieu d’Israël, et de son plan rédempteur au travers du Messie d’Israël Yeshoua !

        

On mesure encore mieux le poids des paroles de Yeshoua :  « Le salut vient des Juifs » !

 

         C’est dans l’obscurité de la nuit ténébreuse que Ruth va aller rendre visite à Boaz le Juif et que va s’allumer la lumière de la bénédiction pour Israël d’abord et pour l’humanité toute entière ensuite.

 

         Oui, c’est presque toujours pendant les ténèbres des épreuves d’Israël que les nations vont percevoir la bénédiction.

 

Ruth va alors prononcer ces merveilleuses paroles de force et de vérité que je vous invite à relire encore et encore afin de les faire vôtres, et je vous demande de bien les suivre sur votre Bible car certaines traductions en mettant les paroles de Ruth au futur et non au présent de l’indicatif lui enlèvent toute sa saveur, et son sens : si tel est le cas dans la vôtre, alors n’hésitez pas à barrer et corriger si besoin ! 

 

         Frères et sœurs, Ecoutez-les bien ces paroles prononcées par Ruth, qu’elles soient désormais les vôtres, Relisez-les et Gravez-les sur vos cœurs et sur vos lèvres, elles sont la clef d’une Greffe réussie selon D.ieu  

 

 « TON  PEUPLE  EST  MON  PEUPLE, TON  D.IEU  EST  MON  D.IEU » !

 

Ces paroles  qui ont jailli des profondeurs du cœur de Ruth révèlent plusieurs sentiments :

 

-        son attachement familial à sa belle-mère,

 

-        son attachement familial au peuple d’Israël dont elle affirme faire partie,

 

-        son attachement au D.ieu d’Israël et par conséquent à la Torah du D.ieu d’Israël,

 

-                     son identification au destin d’Israël.

 

         Ruth est une vraie « greffée », on pourrait dire une authentique « Croyante des nations » !

 

Naomi la Juive et Ruth la Moabite sont placées par D.ieu au même rang et elles jouissent du même privilège : l’histoire de Naomi et Ruth, est celle de la Nouvelle Alliance, c’est le salut des goyim avant l’heure !

 

Semblable à Ruth, le Croyant des nations fait désormais partie intégrante de la maison d’Israël et plus rien ne l’en sépare désormais.

 

La Torah contient 606 commandements auxquels s’ajoutent les 7 noahides, ce qui fait un total de 613.

 

Le mot Ruth a pour guematriah le nombre 606.

 

Ruth n’appartenait pas au peuple d’Israël et en tant que non juive elle pouvait se contenter de n’observer que les 7 lois noahides, mais en acceptant le D.ieu d’Israël, le peuple d’Israël, la Torah d’Israël, elle accepte aussi les 606 autres mitzvot : elle représente ainsi la merveilleuse image de la convertie par excellence !

 

Le mot Ruth, à l’envers c’est Tor / Tourterelle : Israël est comparée aussi à un tourterelle comme dans le psaume 74 : 19, et ce mot Tor signifie aussi ordre.

 

En allant à contre courant, à l’envers de son propre peuple, à l’opposé du paganisme et du désordre, Ruth remet de l’ordre dans ses choix, dans sa vie, contrairement à sa propre nature et devient un membre du âm Israël, et hérite avec son nouveau peuple de toutes les mêmes promesses divines.

 

Elle devient une princesse et ce mot Tor signifie également un collier ou une rangée de perles.

 

Juste avant sa déclaration d’engagement à Naomi, à son peuple et à son D.ieu, il est écrit que « Ruth s’attacha à elle » (1 : 14) : en s’attachant à Naomi la juive, Ruth recevait toutes les bénédictions et toutes les promesses divines destinées au peuple d’Israël.    

 

« Ruth s’attacha à elle » : ici le verbe employé est le mot hébreu DEVAK / kbd qui signifie être attaché, resté attaché, être collé.

 

En agissant comme elle l’a fait, Ruth s’est attachée, s’est collée à Naomi, c’est une action volontaire, libre et responsable, et c’est une action irréversible pour elle.

 

Devak, c’est aussi rester fidèle et donc aimer : c’est ce qu’a fait Ruth vis-à-vis de la juive Naomi, sa belle-mère et vis à vis de tout le peuple d’Israël : le véritable amour le véritable attachement commence par un détachement, une rupture d’avec notre ancienne vie.

 

En s’attachant à la juive Naomi et en liant son avenir et son destin à celui du peuple Juif, Ruth symbolise le véritable croyant des nations.

 

Cet attachement de Ruth s’est produit au moment où Naomi retournait sur la terre de ses pères.

 

Je suis convaincu que la décision de Ruth à ce moment précis est d’une grande portée prophétique : c’est maintenant que les Juifs retournent en Israël que les croyants des nations doivent véritablement prendre la Parole de D.ieu au mot et à la lettre et s’attacher à Israël !

 

Le temps de l’Eglise des Nations est déjà achevé, il est temps de comprendre ce que Ruth a compris : «  les gens des nations doivent prendre un Juif par le pan de son vêtement et lui dire nous venons avec vous parce que nous avons appris que D.ieu est avec vous. »

 

Ruth a anticipé ce que beaucoup de théologiens éminents aux yeux des hommes n’ont pas saisi.

                        

Celui qui dit croire, aimer et servir le D.ieu d’Israël et le Messie d’Israël, n’a d’autre alternative que de se ranger aux côtés d’Israël pour l’aimer et le servir.

 

Ruth avait saisi les riches bénédictions qui découleraient de son union à Naomi.

 

Une des erreurs de l’Eglise des nations c’est l’orgueil, elle a voulu prendre la place d’Israël et s’est détachée du vrai Israël pour prétendre être le nouvel Israël !

 

Ruth et Orpah sa sœur étaient de lignée royale car descendantes d’Eglon, roi de Moab : en abandonnant sa filiation royale terrestre, Ruth va hériter d’une filiation royale divine, puisque en épousant Boaz de la tribu de Juda elle aura pour descendance David qui vaincra le Philistin Goliath descendant d’Orpah, et Yeshoua Hamashiah !

 

En abandonnant sa famille royale pour une famille pauvre, et c’est sûrement un sacrifice, Ruth deviendra une princesse aux yeux de D.ieu Qui saura la récompenser.

 

En persistant et signant dans sa détermination et résolution à suivre Naomi, la juive sans famille et sans richesse ni pouvoir, Ruth accède à une autre royauté bien plus grande.

 

 

-        Orpah

 

Si nous parlons de Ruth il nous faut dire aussi quelques mots sur Orpah, sa propre sœur.

 

Orpah / hpru est un mot hébreu qui a pour racine le verbe ôref / [ru qui signifie s’éloigner, se détacher, tourner le dos.

 

En tournant le dos à sa belle-mère juive et en retournant à sa culture Orpah a agi comme la plupart des croyants des nations ont agi depuis 2000 ans aboutissant à une rupture d’avec Israël et une marche spirituelle à l’opposé d’Israël : le mur était reconstruit.

 

Un autre mot dérivé du mot Orpah c’est arafal / lpru qui signifie brouillard, obscurité.

 

N’est-ce pas là que se trouve l’Eglise des Nations, et le brouillard est si épais qu’elle n’avance plus sur le bon chemin.

 

L’attitude respective de Ruth et Orpah typifie celle des Croyants des nations :

 

-        soit la fidélité et l’amour du vrai message biblique prenant ses fondements sur une authentique greffe au sein d’Israël, ceci est l’image de Ruth,

-        soit l’oubli voire l’opposition au message biblique pour manifester non seulement une position spirituelle en dehors de la pensée juive, mais encore un raccourci tragique dans l’obéissance aux commandements divins, attitude incarnée par Orpah.

 

Orpah avait aussi un mari Juif mais dès que les soucis et les preuves ont commencé elle a fui et elle est retournée en arrière pour retrouver les siens, les Moabites, peuple en abomination aux yeux de l'E.ternel.

 

Le mot Orpah contient les mêmes lettres que le mot Pharaon,   hpru  /  hurp  mot qui signifie désordre, mot qui signifie une bouche mauvaise dans le sens d’une bouche qui parle de façon mauvaise.

 

Ruth aussi appartenait à ce peuple mais en s’attachant à Israël elle a définitivement rompu avec ses origines moabites.

 

Chaque croyant des nations doit comprendre que pour être dans le plan de D.ieu il doit non seulement s’attacher et vivre avec Israël mais encore il doit se détacher complètement d’avec sa propre origine et nature : c’est ce qu’exprime Paul dans le « contrairement à sa nature ».

 

En rejetant Israël l’Eglise des nations est retournée à son paganisme et à ses faux dieux comme « un chien retourne à ce qu’il a vomi » ou comme « une truie lavée qui s’est vautrée dans le bourbier ».

 

Le prince des divinités des Moabites s’appelait Kemosh (1 Rois 11 : 7), mot signifiant monstre, horreur !

 

L’attitude d’Orpah illustre hélas trop bien l’attitude de nombreux croyants des nations : « j’aime Israël, je prie pour Israël, mais eux chez eux avec leur D.ieu et leur Moïse, et moi chez moi avec mon D.ieu et mon Jésus ».

 

Orpah va certes embrasser sa belle-mère mais va retourner à sa propre culture chez les siens.

 

Combien de croyants des nations agissent comme Orpah, refusant de s’engager aux côtés d’Israël et de suivre Israël spirituellement et préfèrent se dérober !

 

Pourtant la Parole de D.ieu ne cesse de nous affirmer que les nations seront jugées en fonction de leur attitude et de leur comportement et agissements à l’égard d’Israël.             --  LIRE  --                 Joël 3 : 1-3

 

Le Christianisme de cette Eglise-là n’est plus la Parole de D.ieu mais une doctrine humaniste universaliste.

 

Devant l’immensité des responsabilités et de l’engagement à suivre Naomi tel que le conçoit Orpah, celle-ci refuse de franchir le pas décisif.

 

Combien de croyants d’église sont dans la même posture !

 

On ne peut pas rester neutre envers Israël, on ne peut plus, on ne doit plus se cacher derrière des enseignements patristiques antisémites erronés et fallacieux qui prônent la théorie de substitution.

 

Comme Paul dirait, has veshalilah, on dirait aujourd’hui has veshalom, D.ieu n’a point rejeté Son peuple, loin de là !

 

On va à l’église, on va à la réunion, on va au culte, on donne de l’argent qui ne correspond presque jamais à la dîme, on participe au jeûne et à la prière, on participe même aux fêtes de Noël et de Pâques, à la longue veille du jour de l’an, bref, on est ou plutôt on se croit irréprochable et aux yeux du pasteur et des autres frères et soeurs on l’est, mais…on est « à côté de la plaque », parce qu’on a répondu à aucun appel, on a aucune mission divine, on ne sait même pas ce que le Seigneur veut que l’on fasse dans Son œuvre : beaucoup ont été convertis à un système, à une église voire à un pasteur  !

 

Quand on en est là, quand on n’adhère pas au vrai message biblique, vous comprenez aisément que prendre position pour Israël, ce n’est pas la tasse de thé d’un tel croyant, ce n’est pas sa priorité !

 

Et pourtant oui, Israël rentre habaïtah, et c’est la priorité aujourd’hui pour les croyants des nations de se définir réellement par rapport à Israël.

 

Mais à force de diluer le vrai message biblique, à force d’édulcorer la véritable personne du Messie Juif Yéshoua et se fabriquer un autre dieu appelé Jésus, le croyant des nations a oublié ses véritables racines juives et pêche par orgueil.

 

 

A suivre .........

 

 

 

 

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Jean-Pierre Nokam - dans RELIGION
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commentaires

Perraud 08/02/2014 01:04

Très bel article. Bon Sabbat.

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